Le Village de la Normandy Channel Race 2018, à Caen le 26 mai 2018 Photo Jean-Marie LIOT / NCR

Le coup d’envoi de la 9e édition de la Normandie Channel Race sera donné le 27 mai prochain, au large de Caen-Ouistreham. Au départ, pas moins de 30 duos, parmi lesquels Jean Galfione et Alan Pennaneac’h. Les deux hommes, qui ont déjà disputé l’épreuve ensemble en 2015 à bord de Serenis Consulting, s’alignent au départ de la course avec de vraies ambitions mais ils le savent, la tâche qui les attend s’annonce ardue. D’une part, parce que les 1000 milles qu’ils vont devoir parcourir en Manche puis en mer d’Irlande et en mer Celtique sont particulièrement complexes et, d’autre part, parce que le plateau, en cette année de Route du Rhum – Destination Guadeloupe, est extrêmement compétitif.

Qui succèdera à Phil Sharp et Pablo Santurde, les tenants du titre de la Normandy Channel Race ? La question est ouverte, mais bien malin serait celui qui se lancerait à y répondre aujourd’hui. Et pour cause, le plateau de cette édition 2018 est tout simplement remarquable. Pour preuve, Vincent Riou, vainqueur du Vendée Globe, Yoann Richomme, vainqueur de la Solitaire du Figaro, Adrien Hardy, tout récent vainqueur de la Transat AG2R, Jean Luc Nélias, vainqueur de la Volvo Ocean Race ou encore Julien Pulvé, vainqueur de la Mini Transat, font partie du casting, en plus des ténors historiques de l’épreuve tels que Halvard Mabire, Louis Duc ou Jean Galfione. « Ça promet d’être intéressant », assure ce dernier, impatient de découvrir les derniers nés de la classe, mais aussi d’en découdre sur un parcours technique, truffé de pièges à déjouer. « Pour tirer son épingle du jeu sur un tel tracé, ce n’est jamais facile. Il faut composer avec les courants, les cailloux, les cargos, les effets de site qui sont pléthores le long des côtes anglaises et irlandaises… C’est très complet, mais c’est aussi redoutablement complexe. Il faut être vigilant du début à la fin. Reste que c’est précisément pour ça que cette course est aussi passionnante », explique le skipper de Serenis Consulting qui connait parfaitement bien l’épreuve pour y avoir d’ores et déjà participé à sept reprises.

Mieux qu’en 2017 ?

« J’ai, en effet, couru toutes les éditions de la course, exception faite de celle de 2013. En termes de résultats, j’ai eu des hauts et des bas. La Normandy Channel Race est une épreuve difficile, à la fois physiquement et mentalement parce que les moments de répits sont rares, mais aussi parce que des passages à niveaux jalonnent tout le parcours. C’est une course lors de laquelle rien n’est jamais acquis », détaille Jean qui sait que ce ne sera pas facile de faire aussi bien que lors de la dernière édition. « J’avais terminé 2e avec Nicolas Troussel. Faire mieux, ça va être chaud et faire aussi bien, ça va être difficile. C’est pourquoi je préfère réfléchir autrement qu’en termes de classement. En ce sens, je vais attacher de l’importance à la façon de naviguer. Mon comportement à bord, l’anticipation des différentes situations ou les manœuvres seront des choses essentielles sur lesquelles je vais me concentrer. On verra ce que ça donne à l’arrivée », commente le navigateur qui a donc choisi une nouvelle fois d’embarquer Alan Pennaneac’h afin de l’épauler (ils avaient terminé 7e en 2015). « Je m’entends très bien avec lui. J’aime son attitude en mer. Il est à la fois compétent et apaisant. De plus, il est de très bons conseils. C’est un vrai plaisir de naviguer avec lui », souligne Jean, bien conscient que les conditions météo vont largement conditionner la course, mais aussi d’avoir les moyens de bien faire, ainsi qu’il l’a prouvé en début de mois, en remportant le Grand Prix Guyader.