Mercredi 5 septembre 2018, zone Glenan, navigaution d'entrainement de Jean Galfione sur le monocque 40 pieds de la Class40, SERENIS CONSULTING. préparation à la Route Du Rhum Destination Guadeloupe 2018.

Arrivé à 2h35 la nuit dernière à Cherbourg, après avoir bouclé les 700 milles du parcours de la Drheam Cup – Destination Cotentin en 4 jours et 09 heures, Jean Galfione s’est adjugé la 14e place dans la catégorie des Class40. S’il a régulièrement été confronté à différents petits pépins techniques, le skipper de Serenis Consulting, qui se testait pour la première fois sur un tracé aussi exigeant en solitaire, a engrangé de l’expérience précieuse pour la suite, mais aussi et surtout décroché sa qualification pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe.

Cette Drheam Cup – Destination Guadeloupe était, pour vous, le premier et le dernier galop d’essai en course en solitaire avant la Route du Rhum. Que retiendrez-vous de cette expérience ?

« Il y a énormément de choses positives dues au simple fait que c’était la première fois que je me retrouvais en solo sur un parcours aussi exigeant ce celui-là, surtout qu’en plus des différentes difficultés techniques, nous avons dû composer avec un peu tous les types de conditions. Dans la pétole, ça a été dur car nous avons très peu dormi puisqu’il était quasiment impossible de lâcher la barre. En mer d’Irlande, nous avons eu jusqu’à 30 nœuds de vent et ça n’a pas été simple à gérer non plus car dans ces coins-là, c’est vite horrible quand ça souffle fort. Je n’ai pas toujours très bien navigué mais j’ai quand même eu quelques très bonnes phases, notamment au portant, sous grand spi. J’ai découvert pas mal de situations. L’une de mes erreurs a probablement été de trop m’attacher aux fichiers météo. Ils n’ont pas toujours été justes et j’aurais dû faire davantage preuve d’observation et d’adaptation. En ce sens, cette Drheam Cup a été une très bonne expérience car il a fallu être sur le qui-vive en permanence. »

Vous avez été confronté à pas mal de petits soucis techniques sur ces 700 milles. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

« J’ai effectivement rencontré pas mal de problèmes sur ce plan et je peux dire que ça n’a pas toujours été rassurant. Au contraire même, souvent ça a été flippant car j’ai régulièrement eu des bugs informatiques et je n’avais pas d’indication sur l’état de charge des batteries. De plus, sur la fin, ma girouette ne fonctionnait plus. Je n’avais donc plus d’info sur le vent et le pilote ne marchait plus qu’en mode compas. J’ai vécu des situations où il lâchait sous spi. Dès lors, c’était la gamelle assurée. Sur le dernier tiers de la course, j’ai clairement géré au feeling mais c’était assez stressant. Le point positif, c’est que ça m’a permis de vraiment tout passer à la moulinette. Maintenant, iI va falloir régler tout ça avant d’attaquer le Rhum car ce n’est pas possible de partir comme ça. »

Vous le disiez, il y a eu énormément de positif sur cette course et notamment cette précieuse qualification pour la Route du Rhum qui est maintenant dans la poche…

« C’était l’enjeu principal sur cette Drheam Cup. C’est une bonne chose de faite. Cette épreuve a été un très bon apprentissage grandeur nature. J’ai pu valider un certain nombre de choses et j’ai aussi pu rivaliser avec certains très bons concurrents. Ça a été très instructif à bien des niveaux pour moi qui ne recherchais pas la performance à tout prix mais qui partais avec une certaine appréhension car je n’avais plus fait de solo en course depuis quatre ans et jamais avec ce bateau. »